(Espace presque vide) / désert

19h30, je bois un thé saveur pleine lune et lueurs de bougies.
Les étoiles commencent à pointer le bout de leur nez.
J’espère que plus tard je pourrais observer la voie lactée.
En attendant, j’essaye de mettre des mots sur mon cahier…
Comment raconter le désert à quelqu’un qui ne l’a jamais rencontré ?
Comment dépeindre l’intensité des nuances du vide ?

Désert…
… immensité qui se conjugue plutôt au temps du rien.
… pas un hasard si ça rime avec mystère.
… à l’horizon tout semble pareil.
… devant, derrière, à droite, à gauche…
… vastes étendues de pierres – blanches miroir de soleil – ou de sable doré.
… au loin l’ombre de montagnes que je placerais presque au niveau de l’infini.
… idem pour tout autre élément qu’on aurait la prétention de vouloir ériger en point de repère.
… déambulations sur pistes aux tracés confus.
… comme sur un damier qui aurait perdu les délimitations de ses cases.
… ou plutôt un damier aux cases imperceptibles par notre regard.
… cases qui ne se révèlent qu’aux détours des dunes et tournants.

Et il y a eu le lac…
Un de mes plus beaux souvenirs du désert.
Cette vaste étendue d’eau qui trouble l’infini du rien.
Si belle, avec un monticule de pierre en son centre et de la brume autour.
Elle m’attirait comme un aimant.
Comme si je portais sur ma peau, un peu du souvenir de ces femmes et de ces hommes morts de soif.
L’eau… plus je m’approchais d’elle, plus elle semblait s’éloigner.
Et d’un coup, sans éclat ni flash, plus rien.
Entre l’image de l’eau et l’étendue des pierres sans eau ?
Rien que mes yeux n’aient été capables de saisir.
Mirage ô mon beau mirage.
Tu n’es donc pas déclinaison de la soif.
Tu es hallucination optique et bien réelle.

J’ai très vite compris sensiblement comment le désert peut rendre fou…
… coup de foudre ou plutôt coup de soleil.
… passion fulgurante, à fort pouvoir destructeur et, strictement non réciproque.
… envie de plonger à pieds joints dans le vide, encore et encore, pour percer son mystère.
… le sable dans les chaussures rend chaque pas plus difficile que le précédent.
… envie d’aller toujours plus loin, recherche désespérée de quelque chose qui pourrait briser la constance du paysage.
… l’intensité de la lumière fait pleurer à travers les lunettes de soleil.
… envie d’écouter le silence de la nuit à la lueur de la pleine lune.
… envie d’observer l’infini avec les teintes du soleil couchant comme unique perspective.
… sentiment de liberté totale et unique.

Tout est tellement vaste, trop vaste, qu’au bout d’un moment on étouffe.
… surplus de sensations et d’émotions qui font disjoncter le cerveau.
… un mouvement qui vient des profondeurs de l’estomac nous supplie de partir.
… à peine sortie, je ne rêve que d’une chose : y retourner.
… passion indestructible.
… passion indicible.
… désert, on se reverra, je te le promets.

2018-12 Maroc - Sahara desert DSC01963-2

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